Face à l’évolution de la situation sanitaire à Monaco, les élus unanimes travaillent dans le cadre de l’union nationale, pour faire pleinement jouer au Conseil National son rôle de ressource institutionnelle, comme relais de l’inquiétude et des besoins légitimes des Monégasques et des Résidents.
 
Depuis l’instauration par le Prince Souverain du Comité Mixte de Suivi Covid19, le 30 mars dernier, l’Assemblée, force de propositions, a toujours été aux côtés du Gouvernement pour faire de Monaco un pays modèle en matière de prévention et de gestion de la crise sanitaire. La tenue de réunions régulières de ce comité avait depuis permis de réduire l’écart entre les attentes de la population et les mesures prises par le Gouvernement.
 
Ces dernières semaines, les indicateurs de la situation sanitaire en Principauté se dégradent de manière significative. Les chiffres quotidiennement publiés par le Gouvernement laissent apparaître une forte augmentation du nombre de personnes positives et plusieurs établissements ont fait l’objet de fermetures pour raisons sanitaires. Cette situation particulièrement préoccupante s’inscrit dans le contexte d’une recrudescence de cas dans les Alpes-Maritimes, classées désormais zone rouge. Or depuis le 28 juillet dernier, le Gouvernement n’a plus réuni le Comité Mixte de Suivi.
 
Alors que la rentrée pour de nombreux salariés a débuté cette semaine, et que la rentrée scolaire se profile dans quelques jours, les professionnels de santé et la population constatent des difficultés pour accéder aux tests PCR en Principauté et obtenir des résultats dans des délais acceptables. Le Conseil National regrette que l’on ne teste pas assez et manifestement avec des délais trop longs, tant pour le prélèvement que pour l’obtention du résultat (parfois plus de 7 jours).
 
Tester de manière systématique est pourtant recommandé par l’OMS depuis le mois de mars dernier. Depuis, l’efficacité des tests PCR a été prouvée. Il est donc regrettable de se retrouver une nouvelle fois en situation de tension, comme ce fut le cas pour les masques à l’époque. Le Conseil National avait alors fortement sensibilisé à juste titre l’exécutif gouvernemental. Tester rapidement reste la clé afin de limiter les risques, de protéger la population et d’endiguer la propagation du virus.
 
La communication gouvernementale et ses annonces successives en matière de tests PCR, ne peuvent masquer le décalage avec le manque de moyens constaté sur le terrain aujourd’hui. De plus, se baser sur des statistiques de comparaison avec les grands pays voisins n’est pas satisfaisant, surtout si l’on tient compte de la densité démographique urbaine et des moyens financiers de l’Etat monégasque.
 
D’ailleurs et à titre d’exemple, la métropole niçoise a pour objectif de pouvoir réduire à 24h le délai entre le test PCR et le résultat, ainsi que de mettre en place un « drive » en un lieu unique avec accès pour toutes celles et ceux qui voudraient se faire dépister. De même, la ville de Paris a prévu de créer dans chaque arrondissement un centre gratuit de dépistage, avec résultats rapides.
 
En ce qui concerne la rentrée scolaire en Principauté, de nombreux parents d’élèves ainsi que la communauté éducative, expriment leur préoccupation sur les conditions du retour en classe. Il apparaît nécessaire que l’ensemble des personnels et des élèves, puissent faire l’objet d’une vaste campagne de dépistage.
 
En ce qui concerne les conditions de la rentrée pour le secteur économique, les chefs d’entreprises et les salariés restent là aussi dans l’attente de décisions gouvernementales claires, à ce jour encore imprécises.
 
De manière constructive, les élus unanimes réaffirment leur volonté de travailler dans l’unité des Institutions, notamment au sein du Comité Mixte de Suivi, dont ils ont demandé par courrier, la tenue d’une réunion en urgence. A cette occasion, les mesures de relance et de soutien aux acteurs économiques et aux salariés devront bien sûr être également abordées.
 
Devant une situation sanitaire qui se dégrade, les élus du Conseil National souhaitent plus que jamais que notre pays soit un modèle. Ils considèrent que ce n’est pas encore le cas, ni pour l’accès aux tests PCR, ni dans l’anticipation des mesures à mettre en œuvre pour les rentrées professionnelles et scolaires.
 
En matière de lutte contre la pandémie Covid-19, Monaco doit être autonome et plus ambitieux.